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Cercle Vicieux


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3 replies to this topic

#1 astoria

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Posté 01 décembre 2008 - 16:35

Bonjour,

Cela fait depuis des années, voire toute ma vie, que je souffre du même problème, de façon discontinue mais récurrente. Je suis enfant unique, issue de parents venant d’un milieu plutôt bourgeois, mais qui ont décidé de m’élever à la campagne, loin de tout. J’ai donc très tôt développé un sentiment d’infériorité basé sur la fait que je n’étais pas aussi « classe » que les autres membres de ma famille, ni aussi entourée qu’eux et que tous les autres enfants de mon âge. Je me sentais seule, je ne rêvais que d’un petit frère ou d’une petite sœur, de vivre en ville et d’avoir plein d’amis. Mes parents ne sont en aucun cas fautifs, ils ont toujours très bien mené leur rôle et j’ai été plus que choyée. Mais cette solitude et ce sentiment d’être différente m’a toujours été insupportable. Alors je m’inventais des histoires, déformais la réalité, rêvais de ressembler à d’autres filles de mon entourage et faisait tout pour les imiter. Comme, bien entendu, toutes mes tentatives ne changeaient en rien ma réalité, je suis petit à petit devenue méchante, envieuse, jalouse, menteuse. Au collège et au lycée, j’aurais rêvé d’être populaire, que les garçons m’aiment et que les filles m’admirent, ça n’a jamais été le cas. Et je pense que le fait de chercher cette popularité à tout prix n’a eu que l’effet inverse : je ne savais pas comment m’y prendre, alors je devenais collante, autoritaire avec certaines personnes, et pas très rigolote. Pourtant, et je n’ai jamais compris pourquoi, les personnes populaires et admirées en étaient très fières, ce n’était pas des exemple de perfection elles étaient également très orgueilleuses, menteuses et parfois méchantes, je n’ai donc jamais eu aucun scrupule à faire de même. Les années ont passé, j’ai toujours eu quelques amis avec lesquels je me sentais bien, mais ça n’a jamais afflué non plus aux portes de l’amitié. J’ai un copain qui m’aime et que j’aime. Mais le même problème revient toujours : je vis désormais dans une grande ville, où j’ai en tout et pour tout 4 copines, qui elles ont leur vie, leurs amis, leur sorties. Je suis amenée à travailler aux côtés de gens qui ont très bien réussi aussi bien au niveau professionnel que relationnel. Les villes regorgent de gens occupés, qui enchainent les soirées, les diners etc… Et c’est tellement frustrant de voir tout ce monde s’agiter autour de moi et de rien avoir à faire de mon côté. Ca me déprime totalement, je me sens tellement insignifiante et surtout victime du sort : je suis née dans la solitude et je n’en sortirai jamais.
Même quand ça va bien, c’est à dire quand j’ai des soirées prévues, quand je vois des amis, je sens que mon comportement n’est pas normal : je m’emballe et me voile la face, je me dis « tiens, tu vois, toi aussi tu sors, tu vois des gens, donc tu es cosmopolite, tu appartient à cette ville, tu es géniale ! Et là c’est parti, j’oublie la réalité, je me fais des films, je me donne de l’importance… et la redescente est toujours très dure, quand je me retrouve sans rien avoir à faire, ni personne à voir un samedi soir, quand je passe des week-ends seule chez moi…Mon copain est là, mais je suis tellement dépendante des autres en général que sa présence ne me suffit pas. C’est cet état d’esprit qui gâche tout chez moi. Le fait de sans arrêt rechercher la popularité, d’être jalouse des autres filles, car elles sont plus belles, plus drôles, m’empêche d’être moi-même. Mais le problème c’est que ce manque fait tellement partie de moi que sans lui, je ne sais pas exactement qui je suis. Je sais que je peux être drôle, faire preuve d’intelligence, être intéressante, mais ces moments là sont si rares et ils se produisent quand je suis en compagnie de gens chez qui je ne recherche rien. Les personnes trop demandeuses ne font pas envie, et c’est ce qu’il m’arrive et je n’arrive plus à m’en détacher. J’écris un journal depuis 15 ans. Je pense que par ce biais j’ai fait une bonne psychanalyse. J’en suis arrivée à la conclusion que j’ai ce manque et cette dépendance vis-à-vis des autres et que cela me rend parfois soit très molle, frustrée, bloquée (dans les moments où je me rend compte que vraiment ça ne va pas) soit très orgueilleuse, égocentrique (dans les moments où je me fais croire que j’ai enfin ce que je veux). Ce que je veux ? Une vie trépidante, remplie d’amis et de connaissances. Est-ce trop demander ? Beaucoup de gens ont ça, ont des carnets d’adresse qui débordent, des agendas plein jusqu’aux dix prochaines années. Comment font-ils ?
Deux solutions s’offrent à moi : soit je me résigne au fait que je n’aurai jamais cette vie, que je resterai dans mon petit quotidien pépère, narguée par des gens qui s’amusent autour de moi. Et cela va être très difficile à supporter. Soit j’essaie encore, mais en essayant, je me plante. Donc quoiqu’il en soit, je ne vois pas d’issue de secours. Suis-je condamnée à envier toujours, sans jamais rien avoir ? J’ai lu beaucoup de forums, traitant de sujets similaires, et des réponses telles que « inscris-toi à un club de gym, prends des cours de danse etc… Mais ça ne me convient pas, car dans un état comme ça, je n’ai absolument aucune motivation, et de toutes façons j’ai déjà essayé et ce n’est pas dans des cours qu’on fait des amis. Je reviens sur mon manque de motivation, et j’ai compris que ce qui me motivait était d’exister dans le regard des autres. Et si je n’y existe pas, ce qui est le cas, je ne vois pas du tout l’intêret de m’occuper de moi, de prendre soin de ma vie, puisque personne ne le voit. Je suis consciente que ça ne va pas changer du jour au lendemain, et de toutes façons j’ai le temps, ça fait une éternité que je vis ça. Mais quelqu’un aurait il quelque chose à me conseiller ? Des lectures, des pensées. Car c’est en fait mon état d’esprit que je doit changer, mon discours intérieur, ma façon de voir les choses. Mais c’est si dur, ma pensée est comme prise dans un mécanisme de désepoir suivi d’enthousiasme tous les deux basés sur le besoin de plaire et d’avoir beaucoup d’amis. Et je ne sais absolument pas comment sortir de ce cercle infernal.

#2 Olivier

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Posté 02 décembre 2008 - 02:02

Bonjour,

Je viens de lire ton message et la première chose qui me vient à l'esprit est mais que cette jeune femme manque d'amour pour elle même et d'amour tout court...

Tu dis "c’est en fait mon état d’esprit que je doit changer, mon discours intérieur, ma façon de voir les choses", es tu sûre de cela ?

Je pense surtout, en lisant ces quelques lignes, que tu as besoin d'apprendre à t'aimer... ton texte transpire du besoin de briller dans le regard d'autrui (enfin pas nimporte qui ... mais ceux que tu considères comme "mieux" que toi), d'être aimé..

Tu donnes l'impression à te lire que tu ne peux pas être aimé .. que forcément les autres avec un grand A vont s'aperçevoir de la faille en toi à un moment ou à un autre...

Ton message est très vrai, on sent que tu as bien analysé les choses depuis ton enfance, mais il ne laisse pas de place au ressenti .. à tes blessures.. tu évoques juste le fait que tu habitais loin de tout dans un univers doré, et cela aurait suffit à provoquer ce ressentiment ?

Vraiment, je ne le pense pas...

Tu ne parles que très peu de tes parents en disant simplement qu'ils ont été de très bon parents.. je pense que il y a des choses à creuser de ce côté là .. ce manque d'amour et de reconnaissance que tu laisses paraître ne peut uniquement venir de la situation géographique excentrée de ta jeunesse...

Je suis là pour en discuter avec toi autant que tu le désires ;)

#3 astoria

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Posté 02 décembre 2008 - 13:06

Tout d'abord merci de ton intêret. Tes remarques m'ont fait réfléchir, et effectivement je manque d'amour et de reconnaissance, c'est sûr. D'un point de vue mental, je n'arriverai pas à m'aimer tant que je serai prise dans mes pensées stupides, car comme je le disais j'ai tendance à être soit trop abrutie par mes désillusions, soit trop faussement enthousiaste quand les choses s'arrangent un peu. Donc effectivement, je pense que si j'arrivais à me sortir de ce mode de pensées, si j'arrivais à voir les choses de façon différente, je trouverais peut-être une autre dynamique qui me permettrai de modifier ce genre de réactions. Mais ce que je ne comprends pas c'est: dois-je attendre d'avoir une vie sociale plus remplie pour me sentir mieux, au risque que cela n'arrive jamais, ou dois-je me résigner, et essayer de faire sans reconnaissance, au risque de devenir complètement blasée et frustrée?
Quant à l'origine du problème, eh bien oui, j'ai vraiment l'impression que mon éloignement et ma solitude y ont en majeure partie contribué. Petit à petit bien sûr, mais de façon durable. Quand on est enfant, sans personne à qui parler, on fait ce qu'on veut de notre esprit, on l'oriente à notre façon, même si ce n'est pas la bonne, puis on se laisse entrainer par des pensées qui ne sont pas forcément bénéfiques.
Je me suis déjà posé la question de mes parents, car effectivement la situation est un peu plus compliquée que ce que j'en ai dit. Ils ne se sont jamais vraiment aimés, ils ont d'ailleurs divorcé il y a 2 ans. Et cet évènement m'a d'ailleurs beaucoup fait réfléchir. Mais je pensais que c'était réglé dans ma tête. Ma mère est très sensible, et mon père infidèle. Je les aime tous les deux, mais j'en veux à mon père de son insensibilité et de son égoïsme et à ma mère de son sentimentalisme exagéré. Alors oui, effectivement, le manque d'amour qui régnait entre mes 2 parents a certainement joué un rôle dans mon problème. J'ai été blessée par des disputes, des remarques, des silences. Mais on peut se soritr de ça, n'est-ce pas? Ce dont je rêve maintenant c'est de le régler, ce maudit problème, et je ne sais pas comment...
En tout cas, toutes tes remarques sont très justes, et je pense que tu ferais un très bon psy!
Amitiés

#4 Lol

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Posté 19 février 2009 - 04:41

Apprendre à s'aimer soi-même est long et difficile, mais ca reste la meilleure des solutions.

Tu n'es pas obligée de me répondre mais :
Est-ce que tu t'es demandée si le mode de vie que tu essayes de t'imposer te convient ?
Est-ce que tu t'es dit qu'avoir l'air heureux ce n'est pas la même chose qu'être heureux ?
Pourquoi est-ce que tu veux d'autres amis ? Tu ne te sens pas assez proche de ceux que tu as déjà ?

:mellow:





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